Monde

La Russie menace de couper le gaz à l'Ukraine

Kiev, qui avait un tarif préférentiel, va devoir payer aux prix du marché.

par Virginie PIRONON
QUOTIDIEN : mardi 27 décembre 2005

Moscou intérim

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De la «mauvaise foi», du «chantage», de la «piraterie». C'est ainsi qu'Alexandre Medvedev, vice-président de Gazprom et vice-Premier ministre russe, qualifie l'attitude de Kiev lorsqu'elle affirme ne pas pouvoir payer le gaz russe au prix du marché international. Héritage de l'URSS, l'Ukraine, en échange du transit du gaz russe par son territoire, ne payait jusqu'à présent qu'un prix dérisoire par rapport à ses voisins occidentaux : 50 dollars les 1 000 m3 au lieu des 220-230 demandés aujourd'hui. Depuis l'élection, l'année dernière, de Victor Iouchtchenko, qui a opté pour un rapprochement avec l'Occident, l'entreprise d'Etat russe a décidé que la règle du jeu allait changer : désormais, l'Ukraine doit s'aligner sur les prix du marché international et payer en devises.

Un principe que Kiev ne contredit pas, mais souhaiterait adopter de manière plus progressive. Ce mois-ci, l'entreprise d'Etat russe Gazprom, qui, une fois de plus, est utilisée par le Kremlin comme instrument de sa politique étrangère, a fixé un ultimatum à l'Ukraine. Si un accord n'est pas trouvé d'ici au 1er janvier, la Russie lui coupera ses livraisons de gaz.

Compromis. Ce dimanche, et pour la première fois, Moscou a fait un pas vers son voisin en se disant prêt à un compromis. «Nous avons fait des propositions pour réfléchir à la manière dont l'Ukraine pourrait adapter son économie aux nouveaux prix, a déclaré Medvedev. Nous leur avons dit : si vous n'avez pas la possibilité de payer en liquide le gaz que nous vous fournissons, cherchons un compromis. Vous paierez une partie en liquide et une partie en nature... avec des produits qui nous intéressent.»

Pour nombre d'observateurs à Moscou, il ne fait aucun doute que cette pression sur l'Ukraine de Victor Iouchtchenko est politique. Selon Boris Toumanov, responsable du service étranger du journal Novoïe Vremia, «il s'agit d'une sorte de vengeance de Moscou contre les velléités ukrainiennes de s'allier avec l'Otan ou l'Union européenne. C'est un peu de la jalousie aussi, parce qu'après l'arrivée au pouvoir de Iouchtchenko, l'Europe considère l'Ukraine de manière beaucoup plus bienveillante».

Pourtant, contrairement aux apparences, la Russie n'est pas vraiment en position de force. Pour Alla Lazareva, journaliste ukrainienne, les deux pays vont être forcés, quoi qu'il arrive, de trouver un accord : «En menaçant de couper le gaz à l'Ukraine, cela va avoir des répercussions sur les livraisons en Europe. Normalement, Gazprom n'a pas le droit de le faire car des contrats ont été signés et l'entreprise doit les respecter.» Jusqu'à présent, l'Union européenne, qui regarde ces tensions avec une certaine nervosité, est restée plutôt silencieuse. Pour ménager les susceptibilités de ces deux partenaires stratégiques, certainement. Mais aussi dans l'espoir que les deux capitales soient suffisamment raisonnables pour ne pas bousculer le ravitaillement en gaz de toute l'Europe...

Arbitrage. Si le conflit n'est pas réglé d'ici à quelques jours, les deux pays vont aller, comme l'a demandé l'Ukraine, devant la cour d'arbitrage de la chambre de commerce de Stockholm ­ un organisme indépendant qui aide entre autres à la résolution de litiges internationaux. Une possibilité qui n'est pas improbable : selon le porte-parole du Parlement ukrainien hier soir, Volodymyr Lytvyn, l'Ukraine et la Russie ont peu de chances de parvenir à régler leur différend avant les législatives prévues en mars en Ukraine. Des experts à Kiev estiment que par cette augmentation des prix, la Russie tenterait, après son échec de l'an dernier, de soutenir le camp qui lui est plutôt favorable. Moscou dément.


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