Le premier projet éolien sino-étranger de Chine relié au réseau électrique

le Quotidien du Peuple en ligne | 25.11.2021 10h11

Rédacteurs :Ying Xie, Yishuang Liu

Le premier projet éolien offshore conjoint sino-étranger de Chine a été connecté au réseau électrique et a commencé à fournir de l’électricité au réseau national à pleine capacité le 20 novembre. (Photo/le Quotidien du Peuple en ligne)

Le premier projet éolien offshore conjoint sino-étranger de Chine a été connecté au réseau électrique et a commencé à fournir de l’électricité au réseau national à pleine capacité le 20 novembre, a annoncé son opérateur China Energy Investment Corporation.

Le parc éolien offshore Jiangsu Dongtai, situé dans la province du Jiangsu (est de la Chine), est le premier projet éolien offshore conjoint en Chine, établi entre China Energy Investment Corporation et Electricité de France (EDF). Selon le communiqué, avec une capacité installée totale de 500 MW, le projet devrait générer 1,39 milliard de kilowattheures d’électricité par an, répondant aux besoins de 2 millions d’habitants et réduisant les émissions annuelles de dioxyde de carbone de 937 500 tonnes,

China Energy Investment Corporation, basée à Beijing, et EDF, une multinationale française, ont signé un accord de coentreprise en mars 2019 pour réaliser les quatrième et cinquième phases du projet Dongtai, et exploiter et entretenir conjointement la centrale éolienne.

Selon l’accord, les deux entreprises prévoient également d’approfondir leur coopération dans les domaines de l’énergie éolienne, photovoltaïque et hydrogène, et du stockage d’énergie.

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Prix de l’énergie, une folie organisée
Le monde diplomatique, novembre 2021, page 21

Aurelien Bernier

Les décideurs européens l’assuraient : la concurrence ferait baisser les prix du gaz et de l’électricité, au profit des ménages comme des entreprises. Il se produit l’inverse depuis les années 2000. Si la reprise chaotique d’une économie bouleversée par la pandémie explique l’origine de la flambée actuelle, la dérégulation génère une augmentation structurelle des prix encore plus inquiétante.

Depuis la fin de l’été 2021, les prix de l’énergie grimpent dans toutes les régions du monde. Le tarif régulé du gaz en France a augmenté de 57 % pour les ménages depuis le 1er janvier. L’électricité suit le même chemin : passée, en dix ans, de 120 euros par mégawattheure à 190 euros, la facture des particuliers va monter en flèche en 2022. Cette crise tire l’inflation dans la zone euro à son plus haut niveau depuis 2008 (3,4 % sur un an) et menace particulièrement les personnes précaires et les entreprises. Alors que beaucoup de commentateurs n’y voient que des raisons conjoncturelles, les vraies causes sont à rechercher à Bruxelles.

Le 19 décembre 1996, les pays de l’Union européenne adoptent une directive concernant les « règles communes pour le marché intérieur de l’électricité ». Pour gérer ce monopole naturel, beaucoup d’États membres ont bâti un service public intégré, qui assure la production, le transport et la distribution. Mais Bruxelles veut instaurer « un marché de l’électricité concurrentiel et compétitif ». Moins de deux ans plus tard, une autre directive amorce la privatisation du gaz.

La méthode a été mise au point par des économistes de l’école de Chicago, expérimentée au Chili, puis au Royaume-Uni. Elle met en œuvre deux principes. La « séparation patrimoniale » vise à isoler des activités précédemment intégrées au sein d’une même entreprise publique de façon à les rendre indépendantes les unes des autres. Sujet d’une attention particulière, les activités de gestion des réseaux doivent être séparées, comptablement puis juridiquement, pour offrir un traitement « équitable » à tous les producteurs et fournisseurs qui se feront concurrence sur les marchés dérégulés. Au cours des années 2000, Réseau de transport d’électricité (RTE) et Électricité réseau distribution France (ERDF, à présent Enedis) sont détachés d’Électricité de France (EDF). Chez Gaz de France (devenu GDF Suez après sa privatisation, puis Engie), le réseau de gazoducs à haute pression et les activités de distribution sont transférés respectivement à GRTgaz et Gaz réseau distribution France (GRDF).

La création de Bourses du gaz et de l’électricité, sur lesquelles se forment des prix de marché, répond au deuxième principe fondateur du modèle néolibéral. Elles ont vocation à remplacer les tarifications encadrées par les pouvoirs publics. En France, l’entreprise de marché Powernext ouvre sa Bourse de l’électricité en 2001 et sa Bourse du gaz en 2008, avant que les marchés nationaux soient progressivement intégrés à l’échelle européenne. Plusieurs types de contrats sont mis en circulation pour couvrir les besoins des fournisseurs. Les contrats « à terme » permettent une livraison différée à l’année, au trimestre, au mois ou à la semaine suivante pour un prix conclu à l’avance. Les contrats « spot » concernent les livraisons pour le lendemain ou pour les quelques jours qui suivent et les achats en temps réel.

La libéralisation du gaz et celle de l’électricité ne présentaient pas le même enjeu politique ni la même difficulté. La France ne produit pratiquement pas de gaz et doit l’importer. Ses principaux fournisseurs étaient en 2020 la Norvège pour 36 %, la Russie pour 17 %, les Pays-Bas et l’Algérie pour 8 % chacun et le Nigeria pour 7 % (1). Une fois la gestion du réseau rendue « indépendante » du monopole historique, ses concurrents peuvent acheter du gaz à des pays producteurs et le vendre aux consommateurs en acquittant un simple péage pour utiliser les infrastructures françaises. Le fournisseur le plus compétitif est celui qui s’approvisionne au meilleur prix… ou qui comprime au mieux ses dépenses de fonctionnement.

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Voir aussi “Observatoire Mondial des Marchés de l’Energie (WEMO) 2021 de Capgemini”


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